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Endométriose, mettre fin à l’errance diagnostique : rencontre avec l’un des fondateurs de ZiwigLab

Avec le Dr Hikmat Chahine
Président-fondateur de ZiwigLab

À l’occasion de la Semaine de sensibilisation à l’endométriose, nous avons eu envie d’aller à la rencontre de Hikmat Chahine, président-fondateur de ZiwigLab. Avec lui, nous avons échangé autour de l’innovation que représente Ziwig Endotest®, un test salivaire conçu pour aider au diagnostic de l’endométriose, développé par Ziwig. Alors que le retard diagnostique reste une réalité pour de nombreuses femmes, cette approche biomoléculaire ouvre la perspective d’un parcours plus rapide, plus simple et moins invasif. Au-delà de la technologie, il est aussi question d’espoir : celui d’un diagnostic plus accessible et d’une prise en charge plus précoce pour les patientes concernées.

La naissance de ZiwigLab est souvent présentée comme une aventure humaine avant d’être technologique. Comment tout a commencé ?

Dr Hikmat Chahine : La naissance de ZiwigLab, c’est avant tout une rencontre. Celle de Yahya El Mir, président fondateur de Ziwig Biotech et moi-même. L’idée a germé avec une ambition claire : avancer dans le diagnostic de l’endométriose et industrialiser le process. Industrialiser, ce n’est pas un gros mot. Cela signifie produire à grande échelle pour pouvoir proposer cette innovation au plus grand nombre en respectant les standards de production normés.
Nous avons bâti ensemble une stratégie, pris des risques et créé dans les Landes à Tercis-les-Bains dans l’agglomération dacquoise, un laboratoire unique en Europe. Je suis médecin biologiste, avec un lien ancien et personnel avec l’AMP. Ce sujet me tient à cœur. En six mois, le laboratoire était construit, accrédité à 100 %, aux normes de qualité, inauguré en avril 2024. Le laboratoire est également certifié CLIA pour recevoir des analyses de patientes américaines. Il fallait, un jour, que quelqu’un ose aller dans la santé de la femme.

Pourquoi l’endométriose était-elle une priorité ?

Dr H.C. : Parce qu’il y a une urgence. Les femmes qui souffrent d’endométriose vivent souvent une errance diagnostique longue, parfois des années. Or, lorsqu’on veut un enfant ou en parcours de PMA, le temps compte. La physiologie féminine est particulière : on ne peut pas concevoir à tout âge. Si l’on perd du temps, on perd des années précieuses.

Pour comprendre la maladie et mieux la traiter demain, il faut comprendre ses mécanismes. Le diagnostic est essentiel. Plus il est posé tôt, mieux on peut adapter la prise en charge et limiter les conséquences inflammatoires. On gagne du temps et des chances de concevoir. 

Le test salivaire Ziwig Endotest® est présenté comme une innovation majeure. En quoi est-il différent ?

Dr H.C. : Aujourd’hui, le test est validé médicalement et scientifiquement, avec une étude portant sur 1000 patientes, publiée dans la prestigieuse revue New England Journal of Medecine. Peu d’études ont inclus autant de femmes.

Il s’agit d’un test non invasif, simple d’utilisation, qui ne nécessite pas une équipe experte pour être réalisé. Il est facile à manipuler, à transporter et surtout fiable.

Mais il est important de rester dans des indications précises. Il ne s’agit pas de proposer ce test à toutes les femmes en âge de procréer ou de dépister toute la population. Les autorités doivent valider son positionnement : suspicion d’endométriose, incertitude des autres techniques d’imagerie. L’objectif est clair : améliorer la prise en charge des patientes.

Concrètement, comment fonctionne ce test ?

Dr H.C. : Nous travaillons sur l’extraction d’ARN[1]  à partir d’un échantillon de salive. Ensuite interviennent le séquençage à haut débit (NGS), l’intelligence artificielle et l’expertise médicale pour valider le résultat.
C’est une technologie de pointe, qui nécessite une maîtrise spécifique de l’analyse salivaire. Seules deux entreprises au monde maîtrise le savoir-faire à ce niveau : une aux États-Unis et nous. La technologie est brevetée, 100 % française. Nous avons conçu une plateforme capable de produire jusqu’à 9000 tests par semaine, demain peut être 5 millions par an !

[1] L’ARN est une molécule présente dans nos cellules qui sert de messager entre l’ADN et le reste du corps. Il permet de transmettre des informations pour fabriquer des protéines ou réguler l’activité de certains gènes, ce qui en fait un outil précieux pour comprendre ce qui se passe dans l’organisme en cas de maladie

Vous parlez souvent de micro-ARN et de révolution biomoléculaire. Pourquoi est-ce si important pour les patientes ?

Dr H.C. : Il y a une vingtaine d’années, on ne savait pas ce qu’était un micro-ARN. On pensait que certaines parties du génome ne servaient à rien. Aujourd’hui, on comprend que ces micro-ARN jouent un rôle majeur dans la régulation de l’expression des gènes.

Les avancées en biologie moléculaire et en intelligence artificielle permettent désormais d’anticiper, de personnaliser et d’affiner les diagnostics. Le Prix Nobel attribué en 2024 sur le rôle du micro-ARN montre à quel point ce champ est en plein essor.

L’endométriose n’est pas une maladie unique. Il existe des endométrioses. Plusieurs causes sont incriminées, plusieurs mécanismes. Nous commençons à comprendre avec l’apport de la biologie moléculaire. Et cette compréhension ouvre la voie à une médecine de précision.

Quel impact cela peut-il avoir pour une femme en parcours de PMA ?

Dr H.C. : Lorsqu’on parle de médecine de précision, on parle d’adapter le traitement en fonction de la profondeur ou de la localisation des lésions. Cela change la prise en charge.

Pour une femme en PMA, savoir rapidement si l’endométriose est en cause permet d’ajuster la stratégie thérapeutique. Même un résultat négatif est utile : il oriente vers d’autres pistes. Dans tous les cas, on gagne du temps et du confort de prise en charge.

Au-delà de la technologie, il y a la souffrance. Comment la percevez-vous ?

Dr H.C. : Les femmes atteintes d’endométriose vivent souvent une détresse psychologique lourde. Et face à leurs douleurs, certaines entendent qu’elles sont hystériques ou qu’elles hallucinent. Cela me révolte. Il y a des douleurs et une détresse réelle.

La santé de la femme doit être une priorité, comme la santé masculine. Ce n’est pas à opposer. En PMA, les causes d’infertilité sont réparties grossièrement pour un tiers féminines, un tiers masculines, un tiers mixtes. Pourtant, la culpabilité pèse encore trop souvent sur les femmes.

Qu’est-ce qui vous rend optimiste ?

Dr H.C. : L’évolution technologique, maîtrisée avec éthique. Chaque examen doit avoir une indication claire. Il faut garder de la hauteur et de la valeur humaine.

Aujourd’hui, les sujets de santé féminine sortent du tabou. La ménopause, l’endométriose, l’infertilité ne sont plus reléguées à des clichés. Cela commence à être à l’ordre du jour.

Quel message souhaitez-vous adresser aux femmes concernées ?

Dr H.C. :  Il existe des solutions. Vous n’êtes pas seules. Il faut en parler. Osez parler à votre médecin. Trop de pression pèse sur vous.

Ensuite, acceptez la différence. On accepte de porter des lunettes pour mieux voir, mais pas toujours d’autres aides médicales. Il faut banaliser ces discussions.

Si le projet d’enfant tarde, si la douleur persiste, n’attendez pas. Entourez-vous de professionnels. Être accompagné, c’est déjà avancer.

À propos de Ziwig Endotest®

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Ziwig Endotest® est un test diagnostique réalisé à partir d’un simple échantillon de salive, pre

scrit par un médecin, pour aider à identifier une endométriose. Jusqu’à présent, le seul moyen d’obtenir un diagnostic certain était la cœlioscopie, un examen chirurgical. Ce test s’adresse aux femmes qui présentent des symptômes évocateurs, mais chez qui l’IRM ou l’échographie ne permettent pas de conclure clairement. Avec une fiabilité annoncée supérieure à 95 %, il peut aider à confirmer ou écarter une suspicion. Actuellement proposé à 25 000 patientes, dont 2 500 dans l’étude ENDOBEST menée dans 100 centres en France, il vise notamment à éviter des interventions inutiles. Il ne remplace pas l’IRM et n’est pas destiné à un dépistage généralisé.

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