25 Août Personne ne m’avait parlé de sténose cervicale
Un désir de maternité ancré depuis l’adolescence
J’ai toujours voulu être maman. Je viens d’une famille franco-vietnamienne où la transmission — la langue, la cuisine, le lien entre les générations — est essentielle. Ma maman était assistante maternelle, alors s’occuper d’enfants a toujours fait partie de mon héritage. Depuis mes 16 ans, je porte en moi ce désir.
Il y a quatre ans, j’ai rencontré mon compagnon. J’avais déjà 36 ans. Très vite, j’ai abordé la question de faire un enfant. Lui voulait attendre un peu, moi j’étais consciente du temps qui passe. Finalement, à 39 ans, on s’est lancés.
Le début du parcours de PMA
J’avais ce pressentiment, difficile à expliquer, qu’il y avait un blocage. Nous avons essayé naturellement pendant six mois. Ensuite, j’ai entamé le parcours de PMA, le 6 février 2025.
Ma gynécologue ne voyait rien d’alarmant, mais je suis curieuse, j’ai besoin de comprendre. J’ai appris que mon AMH était basse. Compte tenu de mon âge, une grossesse naturelle serait compliquée. J’ai poursuivi les examens.
Le 25 novembre 2024, j’ai passé une hystérosalpingographie très douloureuse. J’ai compris que quelque chose clochait. Mon dossier a été rapidement validé. J’étais soulagée de pouvoir bénéficier de la médecine. Mon compagnon, lui, était inquiet à l’idée de devoir faire les piqûres.
Une ponction encourageante, puis un transfert avorté
Une infirmière qui est venue chaque jour pour les injections. Je me suis sentie écoutée, comprise, en confiance. Le 25 avril, on a ponctionné 7 ovocytes. Cinq étaient fécondables. À J3, nous avions trois embryons, et à J5, un transfert a été programmé avec un embryon, les deux autres ont été congelés.
Nous étions sept couples ce jour-là, j’étais la cinquième. Stressée mais confiante. Puis tout a basculé. Le transfert, censé être un geste simple, s’est transformé en épreuve : douleurs intenses, saignements, impossibilité de passer le cathéter. La gynécologue a préféré tout arrêter. Elle m’a parlé d’une possible pathologie intra-cavitaire. Elle a parlé de fibrome, reste placentaire, cancer… que des mots terrifiants. L’embryon a été congelé. J’ai dû consulter un autre gynécologue.
Le diagnostic de sténose cervicale
Ma gynécologue habituelle est partie en congé maternité. Je me suis retrouvée sans repères. Et c’est là qu’on m’a diagnostiqué une sténose cervicale, un rétrécissement du canal qui relie le vagin à l’utérus. Il en existe plusieurs causes : congénitale, liée à une chirurgie passée ou à la préménopause.
Dans mon cas, je pense que c’est congénital. Ce qui m’a frappée, c’est l’absence d’information. Quatre ou cinq articles, pas plus. Et ce silence autour… Pourtant, j’aurais aimé qu’on m’alerte plus tôt. Lors de la ponction, ma gynécologue avait évoqué une légère difficulté, sans insister. C’était comme si on m’annonçait une forme de stérilité.
Le choc, la solitude, puis la recherche d’espoir
Cette annonce a été un choc. J’étais si proche du but. Au stade du transfert, on pense souvent que le plus dur est passé. Mon compagnon aussi a été bouleversé. Mais on a lu, cherché, compris que des solutions existent, même si cette pathologie ne touche que 5 % des cas. Des transferts peuvent réussir, même avec une sténose. Des techniques existent pour adapter le geste.
Dans ce parcours, il n’y a pas de certitude. Mais il y a l’espoir. Et le courage qu’il faut pour avancer. Rien que d’être là, de commencer ce chemin, on est déjà des guerrières.
La suite du parcours et un message aux femmes
La prochaine étape pour moi : une hystéroscopie diagnostique. Mon col est complètement sténosé. On va le dilater, pour faciliter le prochain transfert. Une biopsie de l’endomètre est aussi prévue. On vérifiera qu’il n’y a pas d’endométriose.
En théorie, un transfert serait possible dès le mois suivant. Mais je préfère attendre trois mois pour laisser mon corps se reposer… la fin de l’année !
Je voudrais dire aux femmes de ne pas hésiter à demander un test de transfert en amont. On vérifie souvent les trompes et les ovaires… mais pas le col. Et pourtant, c’est le passage obligatoire. C’est là que tout se joue.
Les manuels, les infos pratiques m’ont beaucoup rassurée. On plonge souvent dans la PMA sans savoir comment ça va se passer, ni ce qu’on va ressentir. Mais je garde l’espoir que ça fonctionne.
En savoir plus :
qu’est-ce que la sténose cervicale ?
La sténose cervicale est un rétrécissement (partiel ou complet) du col de l’utérus, souvent asymptomatique. Elle peut empêcher ou compliquer les examens, les prélèvements ou les transferts embryonnaires.
Elle peut être :
• Congénitale (présente dès la naissance)
• Acquise, à la suite d’une chirurgie, d’une infection, ou dans le cadre d’une préménopause
Symptômes possibles : douleurs pelviennes, absence de règles (aménorrhée), infertilité inexpliquée. Mais souvent, aucun signe n’alerte.
Comment la diagnostiquer ?
Souvent découverte lors d’une hystéroscopie ou au moment d’un transfert difficile. Un test de transfert peut aider à anticiper ce type de difficulté.
Traitements possibles :
• Dilatation du col avec des bougies
• Chirurgie pour créer un passage
• Utilisation d’un cathéter spécifique ou d’un guide pour faciliter les transferts
Même si la sténose cervicale est rare (moins de 5 % des cas d’infertilité), elle peut être contournée. Un diagnostic précoce permet d’adapter la prise en charge et d’éviter les situations d’échec ou d’abandon.

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