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Sardines, pilulier et 150 euros de compléments par mois : quand la pma devient une prépa olympique

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Publié le — Mis à jour le

Pendant sa PMA, Margarita a tout lu, tout enregistré, tout testé. Jusqu’à transformer son quotidien en programme d’entraînement. De cette surcharge est née Nina, une application qui aide les personnes en parcours de fertilité à faire le tri, avec des professionnels spécialisés.

Margarita n’a pas toujours su qu’elle voulait être mère. Pas de rêve d’enfant depuis la cour de récré, pas d’horloge biologique qui sonne. Ce qui a grandi, vers 32 ans, c’est autre chose. « L’envie de transmettre. De m’occuper de quelqu’un d’autre que moi. De donner le meilleur de ce que je suis. »

« Essayer comment, exactement ? »

À l’époque, elle est en couple avec une femme, et la PMA n’est pas encore ouverte aux couples de femmes. Elle le sera en 2021. Margarita demande simplement à sa généraliste un bilan pour savoir où elle en est.

« Elle savait que j’étais en couple avec une femme. Et pourtant, elle m’a répondu d’essayer d’abord, et qu’on ferait un bilan après. Essayer comment, exactement ? C’était lunaire. »

 

La loi finit par passer. Mais en devenant concret, le projet bouscule le couple, qui se sépare. « On s’est rendu compte que le projet d’enfant était plus le mien que le nôtre. C’est là que le vrai projet bébé a commencé. » Margarita s’apprête à se lancer seule, puis rencontre celle qui deviendra sa femme. Elle joue cartes sur table dès le début. Sa réponse a été : « ce sera aussi mon projet ! »

SOMP, polype, changement de centre : quand chaque mois compte

Autour d’elle, Margarita entend surtout des histoires de parcours qui durent des années. « On est passé d’un désir d’enfant tout mignon, tout doux, à : on se prépare au combat. Où sont mes munitions ? »

Et les délais s’accumulent : un polype à retirer, un test génétique, puis une première stimulation arrêtée au bout de quatorze jours, sans qu’on lui ait dit qu’aucune insémination n’était prévue. Quatre mois de perdus. « Je voyais les mois défiler. »

Le couple change de centre. Un médecin parisien reprend le dossier, diagnostique un syndrome ovarien métabolique et polyendocrinien (SOMP, anciennement SOPK) et adapte le protocole. « Tu entres dans un parcours pour réaliser ton projet de vie, et tu te retrouves à être un maillon d’une chaîne où on oublie ton projet. Quand quelqu’un prend le temps de t’expliquer, tu retrouves la sensation que c’est un beau projet. Pas un combat. »

Quelques mois plus tard, dès sa première insémination, elle tombe enceinte… de jumeaux.

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Alimentation et fertilité : des placards remplis de sardines

En parallèle, Margarita découvre que l’alimentation, le sommeil, l’activité physique ou certaines expositions environnementales font partie de la santé préconceptionnelle. Personne ne lui en avait parlé. Alors, à 36 ans, elle veut tout faire. Tout de suite. Parfaitement. « Je n’étais plus toute jeune. Il fallait passer à l’action, et vite. »

« J’avais enregistré les posts fertilité de dizaines de nutritionnistes. Je me suis retrouvée avec des placards remplis de sardines et de lentilles, alors que je déteste les sardines. Ma compagne m’accompagnait en enfer. Et j’avais un pilulier comme les vieux : 150 euros de compléments par mois, sans même savoir si j’avais une carence. »

À noter : l’acide folique fait partie des rares compléments recommandés à toutes les femmes qui ont un projet de grossesse. Pour les autres, mieux vaut en parler avec un professionnel.

Ce sont une sage-femme spécialisée en santé environnementale et une diététicienne qui l’aident à redescendre. Tu n’aimes pas courir ? Va marcher. Pas besoin de tout manger bio ni de refaire ta salle de bains. « Il n’y a rien de magique. Ce sont de bonnes habitudes de vie, adaptées à moi. Pas une to-do list piquée sur TikTok. » Les habitudes de vie ne garantissent pas une grossesse et ne remplacent pas le suivi médical. Mais elles ne devraient pas non plus devenir un deuxième travail.

« Le problème, ce n'était pas le manque d'infos. C'était le tri »

« La charge mentale, elle vient de là. Tu passes des heures sur Google, tu te demandes en permanence si tu as fait ce qu’il fallait. Ce qui me manquait, c’était quelqu’un de fiable à qui poser mes questions, qui parte de ma situation à moi. »

Et l’IA ? « L’IA se nourrit de l’expertise. Et cette expertise, c’est justement ce qu’on met à disposition. Ça, tu ne le trouves pas sur ChatGPT. »

C’est ainsi qu’est née l’application. Margarita lui donne le prénom de sa grand-mère, qui l’a élevée. Elle comptait l’offrir à une fille, elle a eu deux garçons. « En 2025, j’ai eu trois bébés : Nina, d’abord, puis mes jumeaux, Raphaël et Sasha. »

Nina, une safe place pour traverser sa PMA

Sur Nina, on retrouve des professionnels de l’accompagnement spécialisés en fertilité, chacun pour un moment précis du parcours : 

● des sages-femmes, pour comprendre un protocole, un symptôme, ou poser la question de santé qui inquiète un soir où le centre est fermé, ou celle qu’on n’ose pas poser de peur qu’elle paraisse bête ;

● des psychologues, pour traverser les 14 jours d’attente, encaisser un échec ou faire face aux tensions que la PMA peut créer dans le couple ;

● des sophrologues, pour des techniques concrètes contre le stress, l’angoisse et les nuits trop courtes ;

● des diététiciennes-micronutritionnistes, pour une alimentation adaptée à soi, à ses goûts et à son quotidien.

 

 

Nina ne remplace pas l’équipe médicale. Elle occupe l’espace entre deux rendez-vous : la question du dimanche soir, l’info contradictoire lue dans la journée. « Des utilisatrices ont retrouvé mon numéro pour me dire merci sur WhatsApp. Elles se sentent entourées. C’est ça qui aide à lâcher prise. »

Pour Margarita, c’est tout le sens du projet : « Le luxe aujourd’hui, ce n’est pas le sac Louis Vuitton. C’est ta santé. »

L’application, ses contenus et ses outils sont gratuits : de quoi suivre son protocole, prendre soin de son bien-être et programmer ses rappels pour arrêter de tout garder en tête. Seuls les échanges avec les professionnels sont payants.

Nouveau : l'alimentation sans prise de tête

Tout l’inverse de ce que Margarita a vécu. Vous indiquez votre budget, votre enseigne habituelle, vos goûts et le temps dont vous disposez. Nina vous propose vos menus, des recettes simples et votre liste de courses. « Tu ne passes plus ta vie à chercher des recettes fertilité. »

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Ce qu'elle se dirait au tout début

« Je me rappellerais pourquoi je fais tout ça. L’objectif, ce n’est pas mieux manger ou mieux dormir. C’est : je veux un bébé. Dans un parcours, on s’oublie vite. Et pour ne pas s’oublier, il faut apprendre à faire confiance aux bonnes personnes. Des humains. »

Article réalisé en partenariat avec Nina.

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