PMA : à Marseille, un programme pour accompagner le vécu du parcours
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Un programme complémentaire à la prise en charge médicale, pensé par celles qui connaissent le terrain
Le Dr Mélodie Galice, biologiste, spécialisée en AMP et Clémentine Galice, sophrologue, ont imaginé un programme d’accompagnement psycho-émotionnel dédié aux personnes en parcours d’AMP, qui traversent une période de grande fatigue émotionnelle, d’anxiété, de découragement ou de mal-être liée au parcours. Pas un atelier ponctuel, pas une séance isolée : un vrai programme structuré sur trois mois, pris en charge à 100 % dans le cadre d’une hospitalisation de jour.
« Ça fait longtemps que je me dis qu’il y a un manque d’accompagnement sur le plan psycho-émotionnel au-delà du volet médical, explique le Dr Mélodie Galice. »
Le constat n’a rien d’isolé. Les études cliniques estiment qu’entre 60 et 70 % des couples engagés dans un parcours de PMA rapportent des niveaux élevés de stress, d’anxiété ou de symptômes dépressifs. Et une donnée souvent passée sous silence : le nombre de couples qui abandonnent l’AMP après trois cycles pour des raisons psychologiques, alors même que le pronostic médical reste favorable, n’est pas négligeable selon les travaux publiés par le Haut Conseil de la santé publique. Autrement dit : la charge psychique n’est pas un effet secondaire, c’est un facteur d’arrêt de soin.
Gérer le stress en AMP, c’est possible en quelques exercices !
Trois mois, deux soirs par semaine : comment se déroule le programme
Deux soirs par semaine, le mercredi soir et un lundi sur deux, en petit groupe de femmes, des séances : de sophrologie, méditation, hypnose, yin yoga, psychomotricité, neuropsychologie, groupes de parole et sexologie sont prévues par l’équipe de la clinique et des intervenants extérieurs qualifiés.
Un entretien individuel avec un psychiatre de la clinique est prévu en début et en fin de programme, afin de s’assurer qu’il correspond bien aux besoins de la patiente, encadrer le parcours et en mesurer les effets.
Une progression en trois temps : cocon, élan, autonomie
Le programme n’est pas une succession de séances au hasard. Il a été réfléchi comme un arc narratif.
- Premier mois : faire redescendre l’anxiété, créer un espace cocon.
- Deuxième mois : redonner de l’énergie, reprendre un sentiment de contrôle.
- Troisième mois : construire l’autonomie, restaurer la confiance en soi, repartir avec de vrais outils.
Ce que le programme promet (et ce qu'il ne promet pas)
« Ici, pas de promesse miracle. L’ambition du programme est de se mettre dans les meilleures conditions psychologiques, et ça compte. Et mieux vivre son parcours, c’est déjà énorme.» explique Dr Mélodie Galice
Les soins de support, un pilier reconnu ailleurs, encore négligé en PMA
Dans beaucoup de parcours de soins aujourd’hui, l’idée progresse : on ne soigne pas seulement un corps, mais aussi tout ce que la maladie ou le parcours médical bousculent au quotidien. Fatigue mentale, anxiété, isolement, charge émotionnelle… l’accompagnement prend progressivement sa place aux côtés du médical.
En PMA, rien d’équivalent. La loi de bioéthique du 2 août 2021 a élargi l’accès à l’AMP aux couples de femmes et aux femmes seules, mais elle n’a pas créé de cadre obligatoire pour l’accompagnement psychologique des patientes. Selon les centres, selon les régions, selon les budgets, on trouve tout et son contraire. Un entretien psy parfois, rien très souvent, et de la sophrologie ou de l’hypnose presque toujours à la charge des patientes quand elles veulent y avoir accès.
Le programme marseillais, en s’inscrivant dans le cadre d’une hospitalisation de jour grâce à l’équipe de la clinique psychiatrique Saint-Roch Montfleuri, fait entrer le soutien psychologique dans le soin lui-même, le rendant ainsi accessible à toutes. Ce n’est pas un détail.
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