Le 1er magazine indépendant dédié à la PMA
Paillettes Magazine parcours pma

On voulait suivre le schéma classique

Paillettes Magazine parcours pma

Dans nos têtes, tout était assez simple. On voulait suivre le schéma classique avec mon conjoint : le mariage, une maison, des enfants.

Ainsi, deux mois après notre mariage, j’ai arrêté la pilule. Je ne me posais pas vraiment de questions.  Ma mère et ma sœur n’ayant eu aucun souci, je me disais qu’on était assez fertile dans ma famille.

                           Mais un an plus tard, pas de grossesse. C’est là que les premières interrogations sont arrivées. À 16 ans, on m’avait découvert une cloison utérine. On m’avait toujours dit que ce n’était « pas un problème », mais au fond de moi, j’étais persuadée du contraire.

J’ai donc consulté, un gynécologue, puis un autre. On me répétait que j’étais jeune, qu’il fallait être patiente. Jusqu’au quatrième, celui qui a enfin accepté de me prescrire des examens, dont une hystérosalpingographie.

On a alors découvert que ma cloison était totale et descendait jusqu’au col de l’utérus. Je me suis fait opérer et trois mois plus tard, je suis tombée enceinte.

On avait entendu le cœur

Mais à 8 SA + 3, j’ai fait une fausse couche. Une semaine avant, on avait entendu le cœur battre. Dans ma tête, entendre le cœur, c’était passer un cap. Je savais que les fausses couches existaient, mais je ne pensais pas que ça pouvait arriver après avoir entendu le coeur.

Je suis tombée de très haut. Je venais d’entrer dans un monde que je ne connaissais pas : celui de la fausse couche.

 

Quelques semaines plus tard, mon corps a commencé à m’envoyer d’autres signaux. Une fatigue intense, une prise de poids inexpliquée. On a découvert que j’avais une hypothyroïdie d’Hashimoto.

J’ai commencé un traitement pour stabiliser ma TSH. Et je suis retombée enceinte assez rapidement.

Mais cette grossesse s’est arrêtée exactement au même stade que la première, à 8 SA + 3.
La même incompréhension.

 

 

À l’hôpital, j’ai cherché des réponses. Le médecin m’a parlé de statistiques. « Ça arrive à tout le monde. » Quand j’ai expliqué que la prise de médicaments lors de la première fausse couche avait été très douloureuse et que je voulais une autre option, on m’a répondu sèchement qu’on était le 15 août, qu’il n’y aurait pas de place avant une semaine ou dix jours pour un curetage.

Je ne voulais pas rester avec un fœtus décédé dans mon corps aussi longtemps. J’ai accepté le médicament.

 

Mettre des mots

J’avais annoncé ma grossesse à mes proches. Il a donc fallu annoncer la perte. En plus de notre propre tristesse, on devait accueillir celle des autres. C’est en en parlant que j’ai découvert qu’il y avait eu plusieurs fausses couches dans ma famille. Ma grand-mère aussi avait vécu un deuil périnatal. Dans mon entourage professionnel, des personnes ont commencé à raconter leur histoire.

Il suffit parfois qu’une seule personne parle pour que les langues se délient.
C’est dommage que ce soit encore si tabou, parce que ça soulage. Moi, ça m’a soulagée. Je me suis sentie moins seule.

Inscrivez-vous à notre newsletter

Une lettre inspirante qui met en lumière les parcours, les conseils et les découvertes autour de la PMA et de la santé de la femme. Chaque semaine, recevez directement dans votre boîte mail des témoignages inspirants, des articles, des témoignages pour mieux vivre votre parcours.

    En fournissant votre email, vous acceptez les conditions d‘utilisation et la politique de confidentialité

    Comprendre autrement

    Les mois ont passé sans nouvelle grossesse. Je me suis alors tournée vers la PMA et la gynécologue nous a orientés directement vers une FIV.

     

    La stimulation s’est bien passée. Etant infirmière, les injections ne me faisaient pas peur.
    La ponction a donné 12 ovocytes. On était très contents, pleins d’espoir.

    Puis il y a eu les appels du laboratoire.
    À J1 : neuf ovocytes matures, deux fécondés mais de mauvaise qualité.
    À J3 : toujours deux, toujours de mauvaise qualité.
    À J5 : plus aucun embryon.

    Je ne comprenais pas. Avec un bon bilan hormonal, comment pouvait-on arriver à zéro embryon ?

    Sur le même sujet :

    Et si la joie se faisait attendre

    Aller jusqu’au bout

    On a enchaîné sur une deuxième FIV, avec ICSI et une stimulation plus importante.

    La deuxième ponction a donné des résultats similaires en nombre. Cette fois, les embryons ont tenu.
    J’ai eu un transfert frais, puis un transfert d’embryon congelé le mois suivant. Deux négatifs.

    On a alors décidé de faire une pause, pour laisser mon corps se reposer.

     

    À la reprise, j’ai demandé un transfert sur cycle naturel et le transfert de deux embryons en simultané. Le centre était réticent, mais a fini par accepter.
    Le test est revenu positif !

    Les taux évoluaient, malgré des saignements en début de grossesse, comme les fois précédentes.
    À la T1, pour la première fois, on a vu la forme d’un vrai bébé. Il bougeait. On n’était jamais arrivé jusque-là. On était émerveillés.

    « On est passés de l’émerveillement à l’effondrement »

    Puis la sage-femme nous a demandé de nous asseoir. Elle nous a expliqué qu’il y avait un retard de croissance, ainsi qu’une masse au niveau abdominal.

    On a pris rendez-vous avec un spécialiste en diagnostic anténatal, que nous avons obtenu 48 heures plus tard. Pendant ces deux jours, nous avons vécu dans l’attente, sans vraiment savoir quoi faire ni comment réagir. Mon mari essayait de garder espoir, mais c’était difficile. J’avais arrêté de vivre.

    Le jour du rendez-vous, le spécialiste a fait une échographie et nous a expliqué différentes hypothèses concernant la masse. Il nous a parlé d’une malformation possible, en évoquant la cloison utérine que j’avais moi-même. Il a aussi suggéré d’autres possibilités, comme une méga vessie. Il n’était pas sûr et devait en discuter avec ses collègues lors du STAFF hebdomadaire, une réunion entre professionnels.

    Après le STAFF, le spécialiste nous a rappelés et nous a expliqué qu’ils pensaient à une malformation anorectale, c’est-à-dire l’absence d’anus. Il a détaillé les différentes options selon la localisation de la malformation et les implications pour notre bébé. Nous avons dû attendre deux semaines pour réaliser l’amniocentèse à 16 SA afin de confirmer certains éléments.

    Pendant ces deux semaines, je me renseigne, je lis des études scientifiques et je relativise car je vois que la malformation peut se résoudre moyennant quelques opérations, et que ce n’est pas si grave. J’ai un regain d’espoir.

     

    La veille de l’examen, je fais le rêve qu’il n’y a plus rien dans mon ventre, plus de bébé. Et le jour J, quand le spécialiste fait l’échographie pour savoir où piquer, il nous regarde avec un air sidéré et nous dit : la masse a disparu. On pleure de joie avec mon mari. On se dit que c’était un mauvais départ mais que ça y’est, tout allait bien maintenant et que j’allais pouvoir profiter de la deuxième moitié de ma grossesse. On fait l’amniocentèse malgré tout et on repart l’esprit léger.

    Les premiers résultats de trisomie reviennent normaux et les marqueurs intestinaux confirment une malformation anorectale basse, à savoir l’absence d’anus. À 22 SA, les résultats génétiques sont arrivés, tout était normal.

     

    Mais à 23 SA, la T2 révèle une hernie diaphragmatique à droite, la plus rare et la plus grave. Le foie écrase le poumon. Les médecins organisent un nouveau STAFF pluridisciplinaire et analysent toutes les malformations, qu’ils nous expliquent point par point. La scoliose ; la malformation anorectale et la hernie diaphragmatique, qui est la malformation la plus grave.

    On tombe de très haut. On doit cibler les priorités. Comme le poumon est écrasé par le foie, mon bébé ne pourra respirer seul à la naissance, il devra donc être intuber, ce qui rend l’opération de reconstruction de l’anus compliquée.

     

    Les médecins nous laissent le choix. Soit on choisit de continuer la grossesse et alors ils programment toutes les opérations nécessaires, sans nous promettre la survie de notre enfant. Soit interrompre notre grossesse. On nous parle d’IMG pour la première fois. Ça ne nous était jamais venu en tête.

    Nous ne voulons pas offrir une vie de souffrance à notre bébé. Alors on fait le choix difficile de souffrir à sa place en le laissant partir.

     

    Au moment de mon accouchement, un autre bébé est né dans la salle voisine et a poussé son premier cri. C’est ce que j’avais espéré, car ma crainte était d’entendre le silence, qui signifiait la mort.

    La sage femme nous a dit qu’on avait fait le bon choix car notre enfant avait bien toutes les malformations qu’on avait détectées, plus d’autres encore.

    Léandre est notre premier enfant, même si c’est parfois difficile de le faire exister autour de nous.

     

    Après tout ça, il faut réatterrir. J’avais besoin d’une pause. Je ne voulais plus de cette PMA. On était un peu frileux à l’idée de se relancer dans une grossesse. Il fallait d’abord faire notre deuil.

    Nous avons attendu six à sept mois avant de faire le dernier transfert. J’ai de nouveau demandé un transfert sur cycle naturel et le transfert de deux embryons. Le résultat a été négatif. Je n’ai pas vraiment été déçue, je m’y attendais. C’était presque mieux ainsi.

    La découverte de cette grossesse

    Quelques mois plus tard, mon corps a recommencé à se dérégler, notamment au niveau de ma TSH. Je me suis dit qu’il était temps de prendre soin de moi. J’ai repris mon alimentation en main, arrêté le gluten, pris des compléments alimentaires.


    Lors de ma troisième FIV, nous avons obtenu cinq blastocystes de bonne qualité. Mais contre toute attente, je suis tombée enceinte naturellement durant ce cycle de ponction : une grossesse inattendue qui a ravivé un immense espoir, avant que l’évolution anormale de l’embryon ne conduise, trois semaines plus tard, au diagnostic d’un œuf clair. Ce quatrième arrêt de grossesse a été un tournant, nous poussant à consulter un spécialiste parisien, auprès duquel nous avons retrouvé un nouvel élan d’espoir.


    En novembre, alors que nous avions prévu de relancer un protocole en février avec le spécialiste, mon mari m’a mise au défi de courir un 10 km. Je me suis entraînée avec lui puis j’ai remarqué un retard de règle d’une semaine, sans m’alarmer. Mon mari m’a dit que c’était sûrement lié à l’entraînement et au stress de la course.

    J’ai couru ce 10 km, que j’ai terminé en moins d’une heure. Le lendemain, j’ai fait un test. Il était positif.

    Je ne me suis pas précipitée. J’ai appelé l’hôpital, car je devais commencer mon protocole au premier jour de mes règles. J’ai alors démarré avec un léger décalage. Les taux ont commencé à augmenter.

    J’ai refusé de faire une échographie à 6 SA. Je savais que j’avais ovulé tardivement et que, si on se basait sur mes dernières règles, il y aurait forcément un retard. Je ne voulais pas revivre ça. Je ne voulais pas m’angoisser pour rien. Dans mon corps, je sentais que tout allait bien.
    J’ai donc attendu 8 SA pour faire la première échographie. À noter aussi que, cette fois-ci, je n’ai pas eu de saignements en début de grossesse, ce que j’ai pris comme un bon signe.


    Quand la gynécologue nous a annoncé que tout allait bien, j’ai pleuré. J’avais encore le traumatisme de ma première T1.


    Aujourd’hui je suis à 13 SA. Je suis confiante, même si je reste sur mes gardes.
    J’ai déjà franchi plusieurs étapes qui me rassurent et je continue d’avancer, une étape après l’autre, en toute tranquillité.

    Pour une information à la hauteur des parcours de PMA

    En France, 1 personne sur 6 rencontre des difficultés pour concevoir. Pourtant, la santé reproductive reste trop peu médiatisée, souvent entourée de tabous et d’idées reçues.

    Paillettes Magazine s’engage à remettre le vécu des patientes et patients au centre, grâce à des témoignages, des récits authentiques et des contenus fiables, validés par des experts. Un média indépendant pour mieux informer et accompagner celles et ceux qui traversent un parcours de PMA.

    Pour poursuivre et développer ce travail, nous avons besoin de votre soutien.
    Chaque contribution compte — même quelques euros — pour continuer à faire entendre ces voix et à diffuser une information essentielle.

    LIVRET OFFERT

    L'ATTENTE EN AMP

    Paillettes Magazine parcours pma

    Renseignez votre adresse e-mail ci-dessous pour télécharger le livret "L'attente en AMP : ressources, témoignages et bonnes ondes pour tenir le coup avec le sourire ! "

    Nous ne spammons pas ! Consultez notre politique de confidentialité pour plus d’informations.

    CADEAU !

    Paillettes Magazine parcours pma

    Renseignez votre adresse e-mail pour télécharger votre livret :

    Nous ne spammons pas ! Consultez notre politique de confidentialité pour plus d’informations.

    0
      0
      VOTRE PANIER
      Votre panier est videRetour au kiosque